Cinquantième chimio à l’ombre des pyramides

Au Mexique la fête des morts commence le 31 octobre et se poursuit durant les deux premiers jours de novembre.  Cette fête qui puise ses racines dans les traditions précolombiennes est célébrée partout afin d’honorer la mémoire des angelitos (enfants morts) et des adultes défunts à qui on offre des offrandes déposées sur des autels.  Quel meilleur moment pour visiter le pays?

Offrandes aux morts offertes sur un autel de Cancún

L’histoire pré-coloniale du Mexique m’a toujours passionné, mais je n’avais jamais visité le pays. Alors lorsque mon oncologue m’a annoncé que les résultats de ma 49e chimio, indiquaient une forte remontée de mon indice tumoral j’ai décidé de faire ce voyage avec Ginette, ma chère complice de vie. En prescrivant la dose de ma cinquantième chimio orale, le Doc m’a dit : – Allez-y et profitez de la vie !

Un coin de paradis

Je décidai donc de prendre ma chimio au Mexique malgré les effets secondaires… Après quatre heures de vol notre avion s’est posé à Cancún dans l’état de Quintana Roo.  Là-bas, la mer est d’un bleu turquoise la flore luxuriante et la faune exotique.

Direction Chichén Itzá 

Chichén Itzá est situé en pleine jungle à 196 kms de Cancún dans l’État du Yucatán. L’ancienne capitale de l’empire maya était autrefois l’un des principaux centres religieux de la péninsule Yucatán.  Après avoir traversé quelques villages mayas entre Valladolid et Mérida on arrive sur ce site archéologique éblouissant classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce site dont l’origine est incertaine remonte au VIIIe siècle, et il s’étend sur plus de 300 hectares. Au centre du complexe la pyramide de Kukulcnán est vraiment magnifique. Le grand terrain de jeu de balle (juego de pelota) de même que le temple des guerriers jaguars sont également des édifices d’une grande beauté.

À Chichén, le soleil plombe ardemment mais heureusement il y a des bosquets d’arbres qui permettent de prendre de l’ombre. Malgré tout après avoir visité bon nombre d’édifices, j’étais fourbu et nous sommes repartis sans avoir pu visiter l’observatoire .

L’après-midi était bien entamé quand nous sommes arrivés à Valladolid, petite ville coloniale située à 38 km à l’est de Chichén Itzá.   Cette ville possède de beaux bâtiments coloniaux, mais aussi un cenote qui vaut le détour. 

De retour à Cancún j’étais heureux d’avoir visité ces endroits merveilleux, mais mes pieds me faisaient horriblement souffrir. La  capécitabine a comme effet indésirables de provoquer des ampoules, des douleurs et de rougeurs à la plante des pieds et des mains et comme de fait mes pieds et mes mains étaient en piteux état.  Une petite pause à la plage s’imposait, mais sans exposition au soleil, car c’est également déconseillé avec la chimio.

Un saut à Tulum

Après une journée de repos et quelques bains de pieds, direction Tulum; une autre cité située sur la Riviera Maya.  La fondation de Tulum remonterait à 564 A.D comme l’indique certaines inscriptions, mais la plupart des vestiges datent de la période postclassique tardive (après 1200 A.D). Tulum est la seule citée Maya à être construite en bord de mer.  C’est un endroit d’une grande beauté et qui attire de nombreux touristes.

Lors de notre visite j’ai été surpris de ne voir aucun artefact sur le site et j’ai demandé à notre guide où ils se trouvaient.  Le guide me dit qu’ils se trouvaient au musée de Cancún.  Par bonheur ce musée était situé à quelques minutes seulement de notre hôtel. Parmi les artefacts étonnants du musée, j’ai été surpris de découvrir le visage  polychrome d’une jeune femme de la période classique tardive (600-850 AD) qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à une jeune fille de l’hôtel.  La ressemblance était vraiment étonnante !

San Miguelito

Dans un coin de jungle près du musée se trouve le site archéologique de San Miguelito, un endroit paradisiaque que nous avons visité sans y rencontrer le moindre touriste. San Miguelito témoigne de la vie prospère des Mayas de la côte Est entre (1200-1550 AD).  Ce site d’une superficie de près de trois kilomètres, inclus le site archéologique actuel d’El Rey, situé à seulement deux kilomètres de San Miguelito et actuellement séparé par le boulevard Kukulcan. L’endroit abrite une quarantaine de bâtiments pré-hispaniques dont quatorze ont été restaurés.   La Grande Pyramide, qui constitue le bâtiment principal du site, mesure de huit mètres de hauteur et 12 mètres de base. 

El Rey semble boudé par les touristes, puisque nous n’y avons rencontré que trois visiteurs.  Quel BONHEUR de se promener au cœur de ce complexe dont les seuls habitants sont les iguanes qui pullulent sur ce site d’une grande beauté.

Gigi et El Rey

La scupture du roi (El Rey) a été découverte dans le bâtiment principal en 1923 par Samuel Lothrop et Raymond Mervin.  Elle servait possiblement de réceptacle à encens.  La coiffure serpentine de El Rey pourrait représenter Itzamna  le créateurIl est possible que l’épis de maïs qui orne sa coiffe soit associée à une divinité de la fertilité.

Ainsi s’est terminée cette cinquantième séance de chimio, malgré les problèmes gastriques, les diarrhées et les démangeaisons plantaires  et autres.    Le pays Maya m’a enchanté puisqu’il m’a permis d’aller au bout de mon rêve… un rêve qui n’aurait pu se réaliser bien sûr sans ma Gigi. Merci ma chérie.

 

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