Le cancer comme compagnon de vie

Depuis le 9 juin 2014 je partage ma vie avec ce compagnon, dont le nom même terrifie l’humanité.  Quatre ans à vivre avec le cancer!  Quatre ans à partager mon existence avec cet intrus qui s’est incrusté dans ma vie sans crier gare! Pourtant lorsque l’on me l’a diagnostiqué je n’aurai jamais cru vivre aussi longtemps avec cette maladie, mais quatre ans plus tard je suis toujours là et j’en remercie la vie!

À l’heure où j’écris ces lignes je suis à l’hôpital où l’on m’administre mon traitement d’immunothérapie.   Je viens de parler avec mon l’infirmière pour lui dire que j’entame ma cinquième année comme survivant du cancer.  Elle m’a souri et m’a répondu que mon cas était exceptionnel. De tels propos forcent à la réflexion et à la rétrospection. Alors, quand je me reporte au 9 juin 2014, et que je me suis vu face à la mort, j’ai demandé au doc combien de temps il me restait?  Il m’a répondu qu’il avait un patient qui avait le même cancer que moi et qu’il était toujours en vie après un an et demi de traitement. À cette époque, je venais de perdre mon père et j’avais passé trois mois en Europe pour nettoyer sa maison et liquider la succession. J’ai alors découvert que le pauvre homme souffrait d’une maladie mentale et ce fut une épreuve très difficile à surmonter.

Ce n’est qu’une fois dans l’avion que la maladie s’est vraiment montrée à visage découvert. Dans les toilettes, j’ai perdu beaucoup de sang et peu à peu la douleur s’est installée. Une douleur intense qui ne m‘a plus quittée pendant des mois.  Ensuite il y a eu les opérations, dont je vous ai abondamment parlé; mais qu’importe! Ce qui me pousse aujourd’hui à écrire ces lignes c’est que je souhaite témoigner comme survivant du cancer, en espérant que cela puisse aider d’autres malades.

Je pense qu’il n’y a pas de recette magique pour apprendre à vivre avec le cancer et que chaque malade doit trouver les clés qui lui permettront d’avancer et éventuellement de guérir. 

Il existe cependant des outils à la portée de tous. Écoutez ce que vous chuchote la maladie (le mal a dit).  Portez un regard introspectif sur votre vie, car je demeure persuadé que le cancer est une maladie de l’âme et qu’elle puise ses racines dans l’enfance. 

Quand vous aurez identifié les causes apprenez à pardonner.  Ce n’est pas une mince affaire mais c’est essentiel à la guérison de l’âme et subséquemment du corps.  Ne dit-on pas un esprit sain dans un corps sain?

  • Vous pouvez également créer votre égrégore, c’est un outil très puissant.
  • Entourez-vous de gens que vous aimez et qui vous aiment. L’amour est la clé de tout!
  • Éliminez la colère (même si personnellement j’ai encore beaucoup de chemin à faire dans ce sens!).
  • Méditez, visualisez et remerciez la vie du cadeau qu’elle vous fait.
  • Visualisez la guérison, éliminez la peur et faites confiance à la vie.

Aussi quand vous irez à l’hôpital, vous allez rencontrer bien des gens dans les salles d’attentes. Je pense au personnel hospitalier mais aussi aux patients et aux patientes qui souffrent de la maladie.  Au fil des ans, vous allez développer des liens affectifs avec certains d’entre-eux et vous en verrez apparaître et disparaître sans savoir ce qu’il leur est arrivé.  Assurez-vous de garder contact, sinon quand vous ne les verrez plus, vous ne pourrez plus les rejoindre et ne comptez pas sur le personnel hospitalier pour vous renseigner car leur code déontologique leur interdit de le faire. Assurez-vous donc d’avoir les coordonnés des personnes avec qui vous désirez garder le contact.  

Parmi les patients que j’ai rencontrés à l’hôpital, il y a mon amie Zoï, mon pendant féminin, qui est entrée à l’hôpital en même temps que moi; ce qui prouve bien que mon cas n’est pas si unique que ça! Zoï m’a conseillé de lire les évangiles apocryphes de Thomas, de Marie-Madeleine et de Judas.  Je vous laisse avec cet extrait de Thomas que je trouve tout à fait étonnant : «Jésus dit : «Bienheureux celui qui a existé avant qu’il ait été créé !» Pas mal non? 

Allez, prenez-soin de vous et merci de me lire! Bonne journée.

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2 commentaires

  1. Quel chemin parcouru en quatre ans! Tu as appris à écouter ta maladie , à l’accepter et elle devenue une alliée solide qui te guide chaque jour vers le meilleur de toi même. Tu es un exemple lumineux pour ceux qui souffrent de ce mal. Peu à peu ton ressentiment à diminué pour laisser toute la place à ton humanité. Et je suis persuadee que nous n’avons rien d’autre à faire sur terre.
    Merci à toi pour cette leçon précieuse.

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    1. Merci Lili pour ce beau commentaire. Je pense en effet que l’humanité est quelque chose de fort complexe et de simple à la fois. La maladie est assurément un déclencheur et un allié pour nous brancher sur notre propre humanité qui nous échappe si souvent… Elle nous rappelle que nous ne sommes que des passants, dans ce monde, Des passants qui devraient profiter de leur passage pour grandir et apprendre. (voir la référence à Thomas à la fin de l’article). Je t’embrasse

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