Platon

Cette chose mystérieuse qu’on appelle la conscience !

Entre deux séances de chimio on a du temps pour penser; c’est l’un des bénéfices de la maladie!  Grâce au cancer, ma perception du temps a changé et la vie ne m’a jamais autant fascinée.  Évidemment lorsque l’on souffre d’une maladie grave on se trouve confronté quotidiennement à sa propre finalité et aux grands principes philosophiques qui interpellent les humains depuis la nuit des temps.

 En réfléchissant à certains de ces principes j’en suis venu à m’interroger sur la nature de la conscience.  Rien de bien original sans doute, puisque déjà au  IV siècle av. JC, Platon dans L’allégorie de la caverne, s’était penché sur le sujet arguant que seule la conscience permet à l’Homme de se libérer de ses chaînes et de voir la vérité! 

Au XVIIe siècle, le physicien René Descartes, dans son Discours de la méthode s’est également intéressé à la question et il a accouché de son célèbre cogito ergo sum; le fameux Je pense donc je suis.   Ainsi pour ce penseur, la conscience consiste donc en une espèce de connaissance immatérielle qui nous permet de nous définir en tant qu’humain.                                                                                                                                                                                                          Depuis Descartes, et malgré les avancées scientifiques considérables qui l’ont suivies, nous sommes toujours incapables de quantifier la conscience et il n’existe aucune explication scientifique qui permette de définir globalement ce phénomène.  Comment savoir si les non-humains avec qui nous partageons cette planète sont conscients, et comment le quantifier ? En ce sens le discours de KoKo la gorille, prononcé lors de la Cop21 a de quoi étonner : 

 Et que doit-on penser du récent « suicide »  d’un robot  américain ou de ce robot la compagnie Knightscope  qui avait tilté dans un centre commercial Californien en  faisant chuter un enfant et en lui roulant sur les pieds ?  

                                        Il s’agit vraisemblablement d’un problème informatique, mais peut-être pas.  J’y reviendrai…

Quels enseignements tirer du cancer ?

Il y a maintenant  trois ans qu’on m’a diagnostiqué le cancer. Trois ans à vivre malgré les opérations, la chimio, trois ans de grâce avec des hauts et des bas ! Le 9 juin 2014, les médecins m’ont annoncé que j’avais un cancer du côlon avec une tumeur obstruant 60% de l’anus. Cette tumeur colorectale était inopérable à cause des métastases au foie et ce cancer avait atteint la phase 4 (il n’y a pas de stade 5) …

Voici comment je me sentais lorsque j'ai été diagnostiqué

 Voici comment je me sentais lorsque j’ai été diagnostiqué

Depuis, j’ai subi cinq opérations et la dernière a failli me coûter la vie, mais qu’importe ! Désormais, je vis mon temps sur la terre comme un cadeau. Avec le recul, je suis persuadé que la maladie a pour but de nous allumer mentalement et de provoquer en nous une introspection à partir de l’enfance, jusqu’à aujourd’hui.  Cette introspection  peut faire naître des sentiments des émotions comme la colère, la rancune, le regret, la révolte, pour aboutir idéalement au pardon à la reconnaissance et à la joie.  

Grâce à la maladie  j’ai appris à vivre plus intensément, à me questionner sur la nature de la réalité et sur la place que nous occupons dans l’univers.  J’ai découvert des gens extraordinaires, comme Anne-Marie Séguin et son amie la cinéaste Marcia Pilote, le  Dr Rogério Brandão, la  fleur de vie  des anciens Égyptiens  que j’ai découverts grâce au travaux du Dr Nassim Haramein, ou bien encore la fabuleuse histoire de Madame Francine Christophe, cette poétesse française déportée en 1944, sans oublier les beaux livres d’Eckart Tolle que m’a fait connaître mon fils Lucien, lorsque j’étais à l’hôpital. De même que les résultats des travaux sur le cancer du  Dr. Carl Simonton, ou encore les ultimes fragments d’un long voyage de l’écrivaine Christiane Singer, ceux non moins émouvants du chanteur Gerry Boulay,  d’Athena Orchardou encore les surprenantes découvertes du Dr. Hans-Peter Dürr, en matière de mécanique quantique, de même que les travaux de la Dre Lissa Rankin sur l’auto-guérison, l’univers fabuleux des fractales de Benoît Mandelbrot, celui de Bruno Groening sans oublier les bons biscuits de Madame Wong, que m’a fait découvrir ma fille Cloé  lors de mon dernier séjour à l’hôpital. 

Au fil de ces «rencontres» j’ai acquis la conviction que la pensée matérialiste conduit à un cul de sac et que seul l’amour peut changer et influencer positivement les relations humaines.  La maladie (mal a dit) m’a également fait comprendre qu’il faut accepter sa destinée et vivre comme si on était en santé.  Accepter que l’on est mortel; profiter du temps qui passe et vivre sa vie, non pas comme un combat que l’on doit mener contre le cancer, mais plutôt comme une grâce, un cadeau merveilleux au cœur de cette réalité dont la nature intrinsèque nous échappe si souvent. Mais surtout, surtout avoir la foi !  Celle du charbonnier  dont parlait Brassens, car on le sait aujourd’hui, la foi quelle qu’elle soit,  a un pouvoir de guérison redoutable puisque : L’influence de la spiritualité ou des croyances sur la spiritualité est désormais établie. Le bien-être spirituel peut signifier de meilleurs résultats sur le plan de la santé et des effets bénéfiques sur ceux de la longévité, des habiletés d’adaptation à la maladie, de la qualité de vie et des attitudes positives face à la vie (moins de stress, de dépression et de pensées suicidaires). De plus, les problèmes non résolus de détresse spirituelle peuvent contribuer à la détérioration de l’état de santé ou réduire les chances de guérison, notamment en matière de cancer.1

Et si malgré tout ça on ne guérit pas c’est que le temps qui nous était alloué ici est terminé.  Il nous faudra quitter notre dépouille terrestre, pour sans doute revenir comme le pensait Platon afin de parfaire et approfondir notre connaissance de la réalité. Mais d’ici là il faut vivre, vivre, s’enivrer de l’air du temps, des merveilles de la vie et  vivre chaque jour avec les hauts et les bas de la maladie …